La souffrance psychique se nomme aussi souffrance psychologique. Elle relève du champ non médical, nommé santé mentale positive. Cependant, nous la confondons souvent avec une maladie, tout simplement parce nous n’avons pas les bons repères en France. En effet, ils sont absents de la culture générale dispensée au grand public sur la santé humaine. Le risque est que l’on se trompe d’interlocuteur pour trouver une solution appropriée.

Ainsi, cet article prend ses sources et références dans le travail de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce travail a servi à poser les repères de la santé dans de nombreux pays. Nous nous référons également à la phénoménologie orientale (phénoménologie de l’Abhidharma), qui a déjà posé ces repères.

Cet article a donc pour vocation de donner une culture générale aux lecteurs, et d’apporter un approfondissement à nos apprenants, de certaines notions abordées durant nos formations.

 

Poser le cadre de la souffrance psychique ou psychologique

La souffrance psychique est avant tout un vécu : la personne ressent diverses formes de souffrance. Celles-ci se vivent avec plus ou moins d’intensité.

Parfois, ce vécu est de l’ordre du diffus. Il est alors difficile à vivre, car ardu de mettre le doigt dessus pour l’arrêter. En un mot, parfois il est impossible de localiser cette sensation pour la raccrocher au corps. Dans ce cas, on parle plus de mal de vivre, d’être mal dans sa peau, etc. Tout le monde peut comprendre alors ce qu’est une souffrance psychique, ou souffrance psychologique.

D’autres fois, ce vécu est plus concret : on ressent alors une boule, quelque part. Par exemple une boule au ventre, quand on se sent stressé au réveil le matin. Cela peut être aussi une pression, au niveau de la gorge, ou sur la poitrine. Nous raccrochons aisément cette sensation au corps. Mais on ne peut pas se faire opérer d’un stress, d’une boule d’angoisse, etc. Tout le monde sait que si l’on découpe le corps, nous n’y trouverons pas la boule d’angoisse. Pour cette raison, bien que certaines personnes parlent de souffrance physique, nous utiliserons ici le terme de souffrance psychophysique.

Dans tous les cas, le médecin ne peut pas traiter ces sensations, car il ne s’agit pas d’une maladie. C’est la raison pour laquelle autant de personnes aujourd’hui, dans cette compréhension naturelle et observation évidente de leur propre fonctionnement, se tournent vers des pratiques non conventionnelles.

Ainsi, le terme « souffrance physique » utilisé à la fois sur ce blog et dans nos formations, est à comprendre uniquement dans ce cadre.

 

La phénoménologie comme référence de nos connaissances

Force est de constater que nous avons, en Occident, des difficultés à trouver une réponse d’arrêt durable de la souffrance psychique. Cette réponse est néanmoins disponible dans les traditions méditatives orientales. De grands maîtres de méditation comme le Dalai Lama dispensent les enseignements en lien avec ces traditions. Ils appartiennent à la phénoménologie de l’Abhidharma, dont la définition est : « analyse supérieure des phénomènes de la conscience humaine ».

Ce savoir exceptionnel procure des explications sur la structure de notre conscience (psychisme). Ainsi que sur les mécanismes inhérents à notre conscience, et à l’origine de la souffrance psychique. Bien évidemment, la conscience n’est pas le cerveau. Relevant du cerveau, qui reste le corps et est matériel, il faut se tourner vers les neurosciences pour l’étudier. Mais s’agissant de notre conscience, c’est différent, car elle est immatérielle. De fait, nous ne pouvons pas sentir la conscience, la peser, la toucher, la voir, etc. Pourtant, elle existe bien ! Alors comment s’y prendre, quand il s’agit de souffrance psychique ?

Une science de l’esprit

La phénoménologie de l’Abhidharma, communément et vulgairement nommée « le bouddhisme », est une science de l’esprit humain, au sens « conscience ». Des scientifiques occidentaux émérites du monde entier appuyent aujourd’hui les apports de cette science. Ceux-ci allient leurs efforts régulièrement avec de grands maîtres de méditation, au sein de travaux menés par le Mind and Life Institute, dont Francisco Varela, cher à notre coeur, fut l’un des co-fondateurs avec le Dalai Lama. Des scientifiques occidentaux composent régulièrement son conseil d’administration :

  • Francisco Varela, neurobiologiste chilien, directeur de recherche au CNRS, auteur du livre révolutionnaire faisant le lien entre la phénoménologie orientale et les sciences cognitives occidentales : « L’inscription corporelle de l’esprit, sciences cognitives et expérience humaine » ;
  • Jon Kabat Zin, professeur émérite de médecine ayant développé le MBSR, la méditation de pleine conscience. Aujourd’hui de nombreux professionnels en France la reprennent. Et surtout dans des cursus universitaires, avec des personnes comme Christophe André, venu aussi faire une conférence à l’Institut de Reiki ;
  • le français Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire, qui a vécu des années au Népal avec de grands méditants ;
  • l’américain Richard Davidson, un professeur de psychologie à l’Université, avec un doctorat en personnalité, psychopathologie, et psychophysiologie ;
  • et tellement d’autres encore.

 

Dans cet article, nous souhaitons apporter des connaissances sur les constats de la phénoménologie de l’Abhidharma. Mais il faut avoir une certaine culture orientale pour la comprendre. Aussi, nous allons aborder ces connaissances sur la souffrance psychique avec des mots et des explications simples et laïques. Tout comme nous le faisons au sein de l’Institut de Reiki, il s’agit surtout d’établir le lien entre ces connaissances et notre savoir occidental actuel.

 

Les 4 nobles vérités du Bouddha, ou l’explication cognitive de la souffrance psychique

4 constats sur notre mal-être psychologique (ou mal de vivre)

Les 4 nobles vérités est le terme employé en Inde il y a plus de 2.000 ans pour décrire tout le process de la souffrance psychique, relié au fonctionnement de notre conscience. C’est le Bouddha qui a fourni ces explications. Si l’on devait ramener ce terme à notre culture contemporaine et occidentale, on pourrait parler de 4 constats, ou 4 réalités :

  1. la souffrance psychique existe (en phénoménologie : ‘la vérité de la souffrance’)
    = c’est une observation, un diagnostic établi par le Bouddha, sur le fait que le mal-être, ou souffrance fait partie de nous ;
  2. puis, la façon dont la souffrance psychique naît (en phénoménologie : ‘la vérité des causes de la souffrance’)
    = la cause de ce mal de vivre (expression de l’époque : maladie de vivre) ;
  3. ensuite, la possibilité d’arrêter la souffrance psychique (en phénoménologie : ‘la vérité de l’extinction de la souffrance’)
    = l’arrêt du mal-être psychologique (expression de l’époque : guérison du mal-être) ;
  4. enfin, la façon dont on cesse la souffrance psychique (en phénoménologie : ‘la vérité de la voie vers l’extinction de la souffrance’)
    = le remède pour faire cesser le mal-être psychologique.

Quelques références pour approfondir

Le Bouddha

Le Bouddha n’est pas un dieu, mais un être humain comme tout le monde. La différence ? Son travail de méditation intensif, qui l’a poussé à cesser durablement son mal-être. Plus d’information : qui est le bouddha

Base de l’enseignement

La base de l’enseignement du Bouddha, que les maîtres de méditation dispensent (culture bouddhiste exigée), contient 4 caractéristiques :

  1. Tous les composés sont impermanents,
  2. Tout ce qui est souillé entraîne la souffrance,
  3. La réalisation est paix,
  4. Tous les phénomènes sont vides d’existence propre (vides ‘d’entité indépendante’).

Notre traduction laïque

Les 4 constats sont issus de 4 caractéristiques. Ce sont ainsi :

  1. la souffrance psychique existe car les composés sont impermanents ;
  2. cette souffrance naît car notre conscience est souillée ;
  3. notre mal-être peut s’arrêter car la nature de notre esprit est le bonheur profond, que nous pouvons (re)trouver. Nous appelons cette nature parfaite : santé fondamentale ;
  4. il est possible de remédier à la souffrance psychique. Ce remède est l’utilisation de certains outils et actes menant à la connaissance de la réalité des phénomènes de notre conscience (d’où la phénoménologie).

Nous développons largement ce point dans le cycle des connaissances de notre formation reiki. Ce cycle UE 8 appartient au cursus de maître praticien en Reiki traditionnel.

 

Quel lien entre la souffrance psychique et l’impermanence dans la vie ?

La phénoménologie de l’Abhidharma explique que tous les composés sont impermanents. Mais que signifie exactement cela ?

Il s’agit simplement de constater que tout ce qui est construit, amalgamé, ou composé, a un début. Puis il a une vie et une évolution. Et un jour cela s’arrête. L’impermanence est la conséquence même de quelque chose de composé.

Par exemple, l’univers est un espace composé de planètes, de gaz, d’astres… Cet univers est en constante évolution. Il est né et mourra un jour. Il est à noter que l’espace contenant l’univers est immatériel. Par conséquent, l’espace lui-même n’est pas un composé et est, lui, permanent.

Composés matériels et leur évolution

La planète terre est un amalgame d’éléments tels que la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace. Elle est née, est en constant changement et disparaitra un jour.

Une maison que l’on construit est un amalgame de plusieurs matériaux composant sa structure. Ces matériaux s’érodent avec le temps, finissent par disparaître et la maison n’est plus.

Le corps humain est composé d’os, de chairs, de liquides, de température, de souffles, de cavités… Ce corps humain est né, évolue dans le temps et s’arrête un jour.

D’autres composés plus subtils

Quant à notre conscience, c’est un espace intérieur, dans lequel apparaissent des phénomènes. Les phénomènes sont les pensées, émotions conflictuelles, images, sensations… qui viennent à l’esprit. Mais au bout d’un moment, elles finissent par disparaître. De même, une image intérieure se compose de formes et de couleurs.

Nos actes sont aussi des assemblages. Si je découpe un acte : il est porteur de ce qui l’a nourri, et de la personne qui le fait. Par exemple, un acte se compose de :

  • la pensée de la personne
  • avec sa motivation
  • mais aussi un geste du corps l’accompagnant,
  • et enfin, pourquoi pas, aussi une parole.

A leur tour, qu’est-ce qui constitue chacun de ces éléments ? Par exemple, de quoi se compose une motivation ?

Ceci ne sont que des exemples non exhaustifs. Cependant, ils permettent de réfléchir sur le caractère de composé et donc, d’impermanence. Ici, nous ne pouvons que constater à quel point l’impermanence est présente dans notre façon de vivre. Pour tout ce qui relève de ce qui nous entoure, mais également de notre monde intérieur.

Il faut juste retenir que tout ce qui est un composé naît, vit et meurt. Evidemment, si l’on se bat contre cette impermanence pour rendre permanent ce qui ne peut l’être, il est compréhensible que la souffrance psychique soit présente.

 

Quel style de ‘souillure’ déclenche une souffrance psychique ?

C’est le 2ème constat de ces 4 vérités : tout ce qui est souillé entraîne la souffrance. Evidemment, il faut lier ce constat avec le fonctionnement de notre conscience.

Mais aussi le traduire et le relier à notre culture. Car dans le langage de l’époque du Bouddha, la souillure de la conscience n’est autre que… l’ego ! En phénoménologie, l’ego est le germe de la souffrance psychique.

Définition de l’ego

L’ego est la notion d’un « je », vécu comme entité solide et indivisible. Ainsi, je suis, je pense que, j’existe en tant que tel. Mais qu’en est-il, si nous commençons à chercher la nature réelle de ce « je » ?

Que mets-je dans « je » ? Force est de constater que le « je » est aussi un composé. En effet, pour moi, le « je » est constitué :

  • de mon corps : je vis bien avec mon corps ;
  • mais aussi de ma conscience : je vis bien mes pensées, mes rêves, etc. ;
  • et enfin de mes propres ressentis : je me sens heureux, malheureux, etc.

En fait, je suis tout cela à la fois. Et bien que l’on change au niveau physique et psychique au fil des années, on continue à se vivre toujours de la même façon. A 10 ans, nous disons « c’est moi ». Puis à 40 ans, nous disons encore « c’est moi ». Bien que le « je » des 10 ans ne soit plus celui des 40 ans, et bien qu’intellectuellement je puisse le comprendre, dans mon expérience de moi-même, cela reste moi.

Cela signifie que bien que le « je » soit impermanent, de par son aspect composé, « je » me vis comme une permanence.

L’ego est cette vision et compréhension altérée de soi-même. C’est ce que sous-entendent les maîtres de méditation lorsqu’ils disent : le « je est une illusion ».

Le corps dans le « je »

On pourrait même continuer à découper le « je ». Au niveau du corps, par exemple. Le corps est un amalgame de beaucoup de choses.

Les éléments du corps

Ainsi, les médecines asiatiques se penchent beaucoup sur l’équilibre des éléments qui constituent le corps – la terre, l’eau, le feu, etc. La médecine traditionnelle française ne s’occupe pas de cela, mais certaines médecines asiatiques ont une approche holistique du corps humain. Ainsi, pour soigner, certaines prennent en compte l’équilibre de ces éléments :

  • dans la médecine traditionnelle tibétaine
  • ou la médecine indienne ayurvédique
  • puis la médecine traditionnelle chinoise, pour ne citer qu’elles.

Les neurones

Bien que nous ne soyons pas témoins visuels de ce qui change dans notre constitution physique, notre corps est soumis à l’impermanence. Egalement au niveau de l’infiniment petit : ainsi les neurones.

Aujourd’hui, nous savons que chaque jour meurent plusieurs milliers de neurones et de nouveaux naissent (cf. notre article sur la neurogénèse). Nous ne le voyons pas. Mais pourquoi dire, au bout de 30 ans, que je suis le même, alors que des milliards de mes neurones sont morts ?

Un neurone lui-même est un amalgame de :

  • un corps cellulaire,
  • un axone,
  • des dendrites.

Le corps cellulaire du neurone se compose d’un noyau et du cytoplasme. Eux-mêmes sont à leur tour des amalgames, etc.

Le « je » dans le corps ou l’esprit ?

Le « je » n’est pas physique non plus. En effet, où se situe-t-il exactement ? Si je découpe mon corps, puis-je me trouver ?

Puis-je le trouver dans mon cerveau, mon coeur, mon corps ?

Puis-je aussi trouver le « je » dans mon esprit, quelque part entre 2 pensées ? Ou bien alors à l’extérieur de moi, par exemple à 10 mètres derrière mon corps ?

Dans tous les cas, c’est une question à laquelle tout méditant doit savoir répondre un jour…

Ce qui est sûr est que d’ici-là, « je » souffre psychiquement. « Je » ne me sens pas bien, « je » ai un mal de vivre, etc.

Et que « je » ne sais pas comment faire pour arrêter cette souffrance psychique.

Comment le « je » est porteur de la souffrance psychique

Dans cette attente, nos actes sont empreints, plus ou moins fortement, de l’ego. La loi de la relation de cause à effet génère le reste : un acte fait dans la souffrance déclenche un vécu de souffrance.

Il existe trois types d’actions ayant pour origine l’ego, ce qui génère les souffrances correspondantes :

  • l’acte négatif,
  • égoïste
  • et l’acte dualiste.

L’acte négatif produit un résultat négatif à vivre, reflet de la souffrance psychique. Ainsi, je m’en prends physiquement à quelqu’un et suis rongé de remords plus tard.

L’acte égoïste produit un résultat positif à vivre, mais non permanent. Si je m’accroche à cette impermanence pour qu’elle dure, je déclenche ma souffrance psychologique. Par exemple, on peut aider des personnes parce qu’on a besoin de dire que l’on est quelqu’un de bien. Mais le jour où plus personne ne le dit, nous pouvons déprimer. En fait, nous avons construit le bonheur de valoir quelque chose, mais il reste éphémère et fait place à la souffrance psychique.

Enfin, l’acte dualiste est, par définition, exécuté dans la dualité. Il ne peut donc faire disparaître le germe de l’ego, générateur de la souffrance psychique.

 

Arrêter la souffrance psychique

C’est le 3ème constat : « la réalisation est paix ». On pourrait le résumer par « la connaissance de soi conduit à l’apaisement ».

En effet, nous avons cette possibilité d’arrêter la souffrance psychique. D’ailleurs, si elle n’était pas intrinsèque à tout être humain, celui-ci ne penserait même pas à l’arrêter pour aller mieux !

Ainsi, nous avons les capacités cognitives pour dissoudre cette souffrance. Afin de laisser place à l’absence de souffrance, ce que les maîtres de méditation appellent l’Eveil de la Conscience. Ce que nous traduisons, dans notre enseignement laïc, par le bonheur durable et parfait.

Apaisement de la souffrance psychologique

La paix intérieure n’est autre qu’une disposition psychique. C’est-à-dire un apaisement de l’état d’esprit empreint de mal-être. Cet apaisement s’obtient par le déracinement des mécanismes cognitifs générateurs du mal-être et susceptibles de se remettre en route à chaque moment de notre vie, en fonction des événements extérieurs, mais aussi de nos propres pensées polluantes.

Ces mécanismes bloquants sont justement ce que la phénoménologie de l’Abhidharma nomme « les voiles de l’esprit » ou « miasmes de l’esprit ». Terme que nous traduisons par « ego ».

Pour approfondir

Tant que la conscience est chargée de miasmes, elle est séparée de sa nature profonde et fonctionne par dualité. Cela signifie que nous ne sommes pas capables de reconnaître les projections de notre esprit. Ainsi, lorsque nous les expérimentons, nous ne réalisons pas que nous sommes les propres producteurs de ces phénomènes. Nous les interprétons alors comme quelque chose venant des autres.

Par exemple, nous voyons le reflet de la lune dans l’eau de la rivière. Il est tellement beau qu’il nous transporte. Donc nous voulons le ramasser, pour le garder ad vitam avec nous. Avoir ce reflet nous apporte tant de bien-être ! Nous aurons beau prendre l’eau dans nos mains, nous ne pourrons y pérenniser ce reflet. Nous serons alors malheureux car nous avons vécu ce bien-être, nous savons qu’il existe, mais ne pouvons le garder.

Evidemment, tant que nous chercherons ce bien-être en lien avec le reflet, cela ne fonctionnera pas. Nous récolterons alors beaucoup de peine au lieu de plénitude.

 

Le remède à la souffrance psychique

Enfin, voici le 4ème constat de ces réalités : tous les phénomènes sont vides d’existence propre. Ce 4ème constat révèle comment s’y prendre pour atteindre l’état d’esprit décrit par le 3ème constat. Ainsi, il est possible de trouver une solution d’apaisement face à la souffrance psychique. Les remèdes sont alors les outils de résonance méditative (résonance de méditation) à employer pour ce faire.

Une notion difficile de compréhension pour l’Occident

Que signifie : les phénomènes sont vides d’existence propre ?

Si l’on regarde de près, une image venant à l’esprit ne naît pas toute seule. Elle n’est pas indépendante au sens où elle ne se donne pas l’ordre à elle-même d’apparaître.

De plus, le caractère « vide d’existence propre » est en lien direct avec le caractère d’impermanence. D’une part, l’esprit humain est un espace dans lequel apparaissent des phénomènes que sont les pensées, émotions, sensations, etc. D’autre part, ces phénomènes de l’esprit sont impermanents.

En revanche, l’espace infini de notre esprit accueillant ces phénomènes est un contenant immatériel, inaltérable et permanent. Tout comme l’espace infini de l’univers accueille tous les astres. Mais le contenu de cet espace, lui, est en constante évolution et sujet à l’impermanence.

Permanence et impermanence de l’esprit

Ainsi, l’expression d’une partie de notre conscience est permanente : c’est la partie féminine. Puis l’expression d’une autre partie est impermanente : c’est la partie masculine.

Partie féminine

C’est ce que les bouddhistes appellent la vacuité de l’esprit. Elle est souvent associée par l’Occident, avec erreur, au néant. En fait, il s’agit de la profondeur de l’esprit, c’est-à-dire sa réceptivité.

Partie masculine

Quant à l’autre partie, les bouddhistes l’appellent la clarté de l’esprit. Il s’agit de la dynamique de l’esprit, c’est-à-dire son activité.

La maîtrise de son esprit

De ces 2 parties qui s’opposent au lieu de se compléter en union, naît la dualité de l’esprit. Dans cette dualité, l’esprit est séparé de lui-même. Dans cette séparation intérieure naît la souffrance psychique.

En Reikiologie®, nous nommons cela la souffrance naturelle. L’union de l’esprit avec lui-même permet d’arrêter la souffrance naturelle. C’est la base de toutes les autres formes de souffrance, comme celles nommées au début de cet article.

Le remède pour arrêter cette souffrance est donc d’utiliser les outils appropriés qu’est la méditation. En Reikiologie, nous avons plusieurs exercices de méditation que nous utilisons pour les personnes qui viennent nous voir en cabinet. Voilà comment la Reikiologie se centre sur le fonctionnement naturel de l’être humain.

Voilà aussi pourquoi notre pratique de relation d’aide et d’accompagnement de la personne apaise la souffrance psychique de nos consultants en cabinet. Et ainsi, les emmène graduellement, mais durablement, vers leur mieux-être.

 

Comment la souffrance psychique s’autoalimente

La phénoménologie de l’Abhidharma décrit 3 styles de souffrance psychique :

  • la souffrance subtile,
  • puis la souffrance du changement,
  • enfin, la souffrance de la souffrance.

La souffrance subtile, ou souffrance naturelle

La souffrance appelée « subtile » dans le Bouddhisme est ce que nous nommons « souffrance naturelle » dans la Reikiologie®. Cela reste, évidemment, une souffrance psychologique. La plupart du temps, elle passe inaperçue, car nous ne la ressentons pas, concrètement.

C’est une souffrance découlant d’un manque intérieur, naissant avec la dualité. La question que l’on se pose est alors : est-il possible d’arrêter cette souffrance naturelle de l’esprit ? Cela dépend des moyens employés pour combler ce manque.

L’évolution basée sur le confort (extérieur)

Prenons un exemple extrême, pour comprendre ce mécanisme de l’insatisfaction. La souffrance naturelle, manque indicible, nous fait dire qu’il nous manque quelque chose dans la vie. Ainsi, imaginons une personne sans domicile fixe. L’hiver approche et elle se dit ‘il me manque un endroit chaud’. Sa première priorité consiste donc à dormir dans les couloirs du métro.

Puis, au bout d’un moment, la première priorité est satisfaite. Elle se dit alors : « j’ai faim, il me manque à manger ». Elle commence à faire la manche pour pouvoir s’acheter régulièrement à manger. Cette deuxième priorité satisfaite, elle peut avoir maintenant d’autres besoins.

Elle exprime alors un troisième besoin, une fois les précédents satisfaits : « J’aimerais un endroit plus calme ». Avec temps et patience, elle y parvient.

Puis elle pense « il me faudrait d’autres habits », et se met à la recherche de cela.

Une fois ce manque comblé, elle se dit « les jours sont longs, il me manque une occupation ». Elle se procure des livres.

Puis elle pense « C’est dommage de ne pas mettre à profit tout ce que j’ai appris. Il me manque la satisfaction de mettre en forme mon savoir ».

Lorsqu’elle aura trouvé un travail, elle pense « La mise en forme de mon savoir me fatigue, j’ai besoin d’une pause. »

Alors la voilà partie en vacances. Cette satisfaction exaucée, elle pense désormais : « Maintenant que j’ai un travail et des vacances, je dois devenir quelqu’un. ».

Une fois gravie l’échelle sociale, elle se dit « Cela ne me suffit plus. Il faut que… ». Et ainsi de suite.

Qu’en est-il du bonheur intérieur ?

Cette petite histoire très schématique démontre qu’une fois l’insatisfaction première comblée, une autre vient prendre le relais. Mais cela est sans fin. Ainsi, la satisfaction vécue par l’obtention d’acquis extérieurs n’est pas durable.

Bien entendu, il ne s’agit pas non plus d’arrêter de vivre. Ni de ne plus aimer la vie, ou de renoncer à tout. Ou bien de critiquer ceux qui misent sur l’extérieur ou ceux qui recherchent leur intériorité.

Mais c’est une question de moyens employés. C’est-à-dire que simplement, si l’on souhaite arrêter durablement la souffrance psychique, autant choisir la voie qui fonctionne. Et donc de savoir en amont que la solution durable n’est pas en dehors de notre conscience.

En effet, la sensation de manque est une souffrance psychique inhérente à la conscience. De fait, cette souffrance du vide vécu ne peut être stoppée que par l’esprit. L’acquisition d’objet ou de situations, extérieurs à l’esprit, apaisera la souffrance… mais temporairement. Elle finira par reprendre, d’une façon ou d’une autre.

Pour approfondir

Il faut aussi savoir que la souffrance subtile est en lien direct avec les composés, par nature impermanents. Tel est le programme vu ensemble durant la première année de maître praticien, dans l’UE 8. Celle-ci aborde, dans les cours par correspondance :

  • la structure de l’esprit, telle qu’expliquée dans l’Abhidharma
  • avec, donc, les 5 agrégats,
  • puis les 12 sphères sensorielles,
  • et aussi les 18 processus cognitifs
  • y compris les relations d’interdépendance.

Tous ces composants forment l’ego. L’ego forme la dualité. Nous voyons comment nous sommes systématiquement dans une perception selon laquelle le monde est réparti entre :

  • « moi » et « l’autre »,
  • entre « l’intérieur » et « l’extérieur ».

Nous ne cessons de percevoir le monde de façon duelle, un peu comme une opposition permanente de soi-même avec le monde l’entourant, qui n’est pourtant que sa propre vision. Ainsi, nous vivons le monde non pas en union. Mais en séparation systématique de nous-même.

Cette séparation est vécue comme un manque, le fameux « il me manque quelque chose ». Voilà ce qu’est la souffrance subtile, qui donne naissance aux autres formes de souffrance psychique.

La souffrance du changement

La souffrance du changement est aussi une souffrance psychique. Elle découle de la souffrance subtile. C’est le mal de vivre dû au caractère impermanent de ce que nous vivons. Elle est déjà plus perceptible dans le ressenti.

Comme expliqué précédemment, un acte égoïste ou égotique la génère. Ainsi, elle engendre une expérience heureuse à vivre. De fait, l’action mise en place se solde par un bien-être à vivre pour la personne. Mais ce bien-être ayant été mis en place, il a aussi une fin. Ne dit-on pas d’ailleurs : « c’est trop beau, cela ne va pas durer ? ». Profondément, nous ne sommes pas dupes.

La projection de l’esprit est source de souffrance

En somme, nous souffrons doublement. D’une part parce que nous anticipons que ce que nous vivons va s’arrêter. En un mot, nous nous projetons sur le futur et en souffrons.

D’autre part, parce que lorsque cela s’arrête, nous souffrons de ce qui n’est plus là ! Cette fois-ci, nous nous projetons sur le passé et en souffrons. Telle est la souffrance du changement.

Les effets de cette projection dans le futur ou le passé

Lorsque nous recevons des personnes en cabinet, nous pouvons cependant noter qu’elles sont inégales face au changement.

Ainsi, devant cette impermanence de la vie, toutes n’éprouvent pas la même souffrance psychologique :

  • certaines personnes sont paralysées et perdent le goût de vivre au constat du changement ;
  • d’autres personnes trouvent leur motivation et l’envie d’avancer dans le changement.

Etant donné que l’impermanence ne peut être stoppée, il s’agit, en réalité, de pouvoir s’adapter. Ainsi, notre travail d’accompagnement permet à nos consultants de vivre l’impermanence de leur vie comme motivation au lieu de frein.

La souffrance de la souffrance

Evidemment, cette souffrance découle des deux précédentes. Elle est encore plus forte que la souffrance subtile et du changement. Quelques cas simples pour comprendre :

  • malade, quelqu’un doit se faire opérer. Et souffre à l’idée de ce qui pourrait arriver sur la table d’opération. Ou bien à l’idée des conséquences de l’opération sur sa vie ;
  • une personne souffre de fibromyalgie, par exemple. Le constat d’avoir une vie ponctuée par les crises de douleur et donc restreinte, la fait souffrir. Cette souffrance, malheureusement, vient se greffer sur les douleurs déclenchées par la fibromyalgie ;
  • quelqu’un désire combler son désir d’affirmation dans son travail. Il est toutefois bridé dans sa fonction, et ressent de la frustration. Puis même de la colère.

Voici donc des exemples de souffrance psychique s’auto-alimentant.

 

Le Reiki et la souffrance psychique

En Reikiologie, forme professionnelle certifiée du Reiki Traditionnel, notre travail se centre sur la souffrance psychique de la personne. Et rien d’autre que cela.

Cette souffrance psychique, selon son accumulation, déclenche plusieurs manifestations chez la personne :

  • un mal-être diffus, comme un mal de vivre, par exemple ;
  • du stress,
  • de l’émotionnel, qui peut se manifester aussi bien par des questions existentielles, que par des douleurs dans le corps, comme des boules d’angoisse (nommées généralement : douleurs de somatisation).

C’est toute cette connaissance phénoménologique que nous enseignons à nos élèves. En effet, leur culture générale leur permet d’avoir des repères et une compréhension sur la souffrance psychique, qui ne leur étaient pas inculqués jusqu’ici.

En un mot, il s’agit d’accompagner vers leur dissolution des difficultés, des problèmes, des peines que nous vivons au quotidien, lesquels d’ailleurs s’accumulent les uns aux autres.

 

E.Ivanez

Texte déposé sous copyrights. Non autorisé à la reproduction partielle ou intégrale (mentions légales)

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Suite avec le prochain article : Sortir de la souffrance psychologique

 

 

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