L’OMS a bien insisté sur l’existence d’un champ médical et d’un champ non médical dans la santé. Il est donc normal de ne pas attendre que la médecine conventionnelle réponde à toutes les demandes relevant du terme générique de santé. Surtout lorsque celles-ci concernent le mal de vivre (mal dans sa peau), l’anxiété, le stress et bien d’autres encore. A partir de là, deux formes d’approches cohabitent dans le domaine de la santé. D’une part le traitement des symptômes et maladies. D’autre part, l’accompagnement des personnes vers leur développement personnel, ou bien-être. Chacun devrait rester à sa place, mais l’on assiste pourtant à des dérives thérapeutiques.

D’où viennent ces dérives thérapeutiques ? Que certains abordent même sous le terme « dérives sectaires » et accusent de mettre la santé en danger ?

 

Le Reiki, victime de son époque

Lorsque l’on regarde rétroactivement, il y a toujours eu un décalage dans la santé. Nous sommes témoins de quelque chose de nouveau concernant l’être humain, son vécu, sa vie. Mais souvent, la science ne peut mesurer ce qui se passe. En effet, il faut déjà identifier et constater, pour ensuite le mesurer et l’expliquer.

Ainsi, à l’époque du fondateur du Reiki au Japon, dans les années 1900. Poser les mains sur le corps de la personne la soulageait au niveau des douleurs. En termes de neurosciences, les appareils pour mesurer ce qui se passait dans le corps n’existaient pas. Il était donc simple de fantasmer et de croire que quand quelqu’un va mieux en posant les mains, cela signifie que l’on a un don. Ou bien que cela était magique ou miraculeux.

De tout temps, l’être humain a profité d’une phase de flou et d’absence de possibilité de vérification pour affirmer des contre-vérités. Cela a été particulièrement vrai dans le Reiki, et l’est toujours.

 

La phénoménologie, base de la connaissance dans le Reiki

Le fondateur du Reiki Mikao Usui était un grand méditant et un chercheur-thérapeute. Il avait donc la connaissance des phénomènes cognitifs grâce à la phénoménologie de l’Abhidharma. Peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle il s’opposait à l’introduction du Reiki en Occident. Il savait certainement que la notion de thérapie spirituelle perdrait son sens véritable en Occident.

En effet, il disait que les Occidentaux n’avaient pas la compréhension phénoménologique nécessaire du fonctionnement du Reiki. En un mot, la relaxation méditative par le toucher n’était pas encore abordable en Occident. Et ce, par manque de connaissance. Simplement parce que les enseignements des traditions méditatives n’étaient pas encore disponibles en Occident.

 

Les dérives thérapeutiques du médecin Hayashi avec le Reiki

La méditation d’Usui transformée en médecine

Les dérives dans le Reiki ont commencé avec le médecin Hayashi, qui a transformé la méthode non médicale du reiki en méthode de soins. Les fameux ‘soins reiki’, dont tout le monde parle, mais qui n’ont jamais été employés par Mikao Usui.

Parmi les élèves de Mikao Usui se trouvait ce docteur Hayashi, qui officiait dans la marine japonaise. Cependant, il n’avait aucune connaissance sur la méditation. Au décès subit du fondateur du Reiki, Hayashi s’est déclaré dissident du Reiki d’Usui. Il a inventé sa propre pratique du Reiki.

Pour le déroulement d’une séance de reiki, il a abandonné le travail intérieur de méditation, qu’il ne maîtrisait pas et pour lequel il n’a retenu que l’aspect de résorption des symptômes. En fait, sans compréhension du sens profond de la méditation, il n’a retenu que le côté superficiel de l’être humain dans la santé (les symptômes) et a occulté le côté profond de la même santé humaine (donner du sens à sa vie en arrêtant les formes émotionnelles conflictuelles).

Puis le docteur Hayashi a changé les positions des mains sur le corps. Non plus par rapport au schéma énergétique dressé par Mikao Usui, mais par rapport aux organes du corps. A ce niveau, il a encore quitté le côté profond pour ne garder que le côté superficiel. Il a même dressé des planches du corps humain, avec les différents organes. Ces planches sont reprises par tous les reikis new age pour apprendre aux gens comment faire un soin reiki ou un traitement reiki !

Prendre pour argent comptant, ne rien remettre en cause

Ensuite, il a préconisé de poser les mains à tel ou tel endroit pour soigner telle ou telle chose. Toutes les personnes à la recherche d’une solution de facilité et toute faite sont ensuite parties dans cette voie. Et naturellement, comme la personne va mieux quand on pose les mains sur elle, indépendamment d’une connaissance ou d’une science médicale, tout le monde a cru les mensonges d’Hayashi.

En fait, tout le monde a préféré prendre pour argent comptant ce qu’a dit le médecin Hayashi, au lieu de remonter au fondateur méditant et de lire ce que ce dernier disait. Qui, de plus, n’allait pas dans le sens des affirmations du docteur Hayashi.

Aujourd’hui, avec le recul, beaucoup commencent à se rendre compte de cette aberration. Mais beaucoup d’autres ne veulent pas l’accepter, ni reconnaître qu’ils ont été dupés. La plupart ignorent d’ailleurs que Hayashi s’est suicidé. On peut s’interroger sur les effets de sa pratique déviée, qui fait développer des troubles mentaux, comme la dépression poussant au suicide…

Quoiqu’il en soit, il faut retenir que les dérives thérapeutiques dont le Reiki souffre aujourd’hui prennent leur source avec le médecin japonais Hayashi. Car celui-ci a voulu mettre le grappin sur une pratique non médicale, pour la transformer en pratique de traitement médical et de soins.

 

Takata : une affabulatrice glissant sur les dérives sectaires

Cette hawaienne a été formée par Hayashi, et d’après ses livres, en contrepartie de fortes sommes d’argent… Elle a ainsi appris à soigner et inventé de nombreux bienfaits du reiki : saignement du nez, cancer, ulcère, problème d’yeux. Que sait-on d’elle ? Elle n’était ni médecin, ni méditante. En revanche, elle prétendait parler aux fantômes, ressusciter les morts et  changer les métaux en or. Tout cela est consigné dans le livre de son amie Fran Brown. Elle a ramené le Reiki en Occident. Mais sans formation sur la phénoménologie, comment pouvait-elle expliquer que quand on pose les mains, on va mieux ?

Elle a manipulé les gens : elle a déformé la vie du fondateur, le sens de la pratique du Reiki. Elle s’est autoproclamée premier maître reiki de l’histoire. Ainsi, en l’an de grâce 1938, la mégalomanie Takatienne frappa le monde du pseudo-reiki. Depuis, chacun est fier de se revendiquer de son digne héritage…

Un petit fantasme de plus, et le tour était joué pour Takata : dans le Reiki, il faut canaliser une énergie universelle pour soigner la personne ! C’est l’énergie qui fait tout et guérit tout. Surtout, Takata recommandait d’arrêter les traitements médicaux au profit du Reiki. Son livre contient plusieurs exemples à ce niveau.

Affirmer que le reiki fait tout, évite de donner trop d’explications quand la personne demande : « Je me sens mieux ! Mais comment avez-vous fait ? » Réponse : « oh ce n’est pas moi, c’est l’énergie qui sait où elle va ! ». Bravo pour cette manipulation mentale. Dans ce cas, comment expliquer qu’une personne formée en 2 jours y arrive ? Et que des grands chirurgiens ou de grands maîtres de méditation comme le Dalai Lama ne le puissent pas ?

 

Les dérives thérapeutiques du Reiki aujourd’hui : la santé en danger

Les croyances de Takata sont colportées, à 98%, encore aujourd’hui par des personnes sans parcours d’étude. Celles-ci manquent de connaissances et de discernement dans le meilleur des cas.

Dans le pire des cas, elles jouent avec les croyances des gens et font leur business sur leur crédulité. Jusqu’à publier des livres pour colporter ces croyances à grande échelle.

Pire, elles font croire que tout est possible avec le Reiki. Et donc tout le monde reprend ces aberrations à son compte (voir un exemple). C’est avec ce genre de discours que l’on encourage les gens à se livrer à des dérives thérapeutiques.

De plus, certaines dérives thérapeutiques frôlent la manipulation mentale, mettant la santé en danger. Nous les dénonçons régulièrement sur ce blog :

Comment repérer ces personnes ? Il suffit de s’intéresser à leur « parcours de formation ». Elles se réfèrent toutes de la lignée d’Usui, via Takata et Hayashi. Mais aussi des Jikiden Reiki et Gendai Reiki, sous prétexte qu’ils viennent du Japon. Mais le Gendai Reiki s’appuie aussi sur Takata et Hayashi ! Le Jikiden Reiki s’appuie sur Hayashi.

En somme, il est très simple de repérer les personnes susceptibles de se rendre coupables de dérives thérapeutiques.

 

Et les dérives thérapeutiques dans le bien-être ?

Malheureusement, le Reiki n’est pas la seule méthode de bien-être à s’exercer à de tels écarts éthiques. A ce titre, nous renvoyons nos lecteurs à notre article précédent. C’est un article généraliste sur l’éthique dans la santé pour les méthodes de bien-être, avec notre analyse de cette situation.

Absence d’une définition de cadre d’intervention

La définition de la santé, en France, ne donne pas de structure et de repères. Ou plus exactement une vision très réduite de la santé humaine est appliquée en France.

Bien que chacun puisse vérifier que la santé ne se résume pas à une absence de maladie ou d’infirmité. C’est le constat de l’Organisation Mondiale de la Santé, dès 1946 : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (source).

Tant que personne ne mettra en place un paysage correspondant à la réalité humaine, mais surtout à la demande des usagers, un flou sera maintenu concernant les domaines de la santé. Il y aura toujours des personnes malintentionnées pour profiter de ce flou.

Des liens infondés avec le médical

L’absence d’une terminologie, en 2018, établie en France pour les pratiques de bien-être, ne doit pas justifier la tentative de relier les démarches du bien-être à une forme de médecine. Cela reviendrait à dire que tout ce qui touche à l’être humain est médical, voire médicalisable.

Malheureusement, actuellement, sont considérées en France uniquement la médecine conventionnelle, puis la médecine non conventionnelle.

Les méthodes de bien-être sont classées de force avec les médecines douces. Pourtant, vouloir être heureux de vivre ne relève pas de la médecine. Se sentir mal dans sa peau, ou avoir une certaine forme de vague à l’âme / mal de vivre jusqu’au sentiment de détresse morale, ne relève pas de la médecine.

En revanche, on sait parfaitement qu’un trop plein de mal-être peut déclencher des maladies.

Il faut donc arrêter de tout vouloir ramener à la médecine. C’est aux autorités publiques d’établir les bons repères, et de communiquer sur ceux-ci.

Un manque de recherche de compréhension

Nombre de personnes font entrer certaines pratiques de bien-être à l’hôpital.

L’on entend alors dire « on ne sait pas comment ça marche, mais comme ça marche, on prend ».

Il est excellent de penser au bien-être et au confort du patient et de vouloir le soutenir à ce niveau face à sa maladie. Le souci est que n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sur le fonctionnement de sa méthode, étant donné que personne ne peut vérifier cela.

Il serait plus avisé de vérifier le fondement desdites méthodes ou de faire appel à des professionnels dont les explications permettent une démarche de vérification scientifique. Sans cela, on assiste à des dérives thérapeutiques.

Pire, certains intervenants peuvent profiter de cette absence de vérification pour emmener les malades dans des manipulations mentales. Voire mettre leur santé en danger.

Un déficit d’honnêteté… et d’intervention adéquate

Il faut surtout avoir l’honnêteté de reconnaître les limites de sa pratique de bien-être.

Car beaucoup mélangent à la fois le bien-être avec les soins et le traitement des symptômes. En un mot, à les lire, leur méthode de bien-être fait tout. Y compris être aussi efficace que la médecine pour la résorption des symptômes ! En un mot, selon eux, elle répond à toutes les préoccupations ! Hors, comme le dit le Ministère de la Santé sur son site internet, c’est affirmé, mais cela n’a jamais été prouvé scientifiquement.

Pourtant, la solution pour arrêter ces débordements est simple. Il suffit d’appliquer la législation française. Car quand on vend quelque chose avec une certaine caractéristique, il faut prouver qu’il possède réellement cela. Autrement, il s’agit de tromperie commerciale. Il serait temps d’agir en ce point. Y compris que le grand public fasse valoir ses droits face à cette publicité mensongère.

 

En conclusion, les solutions existent, ainsi que les bons comportements à adopter par chaque groupe de professionnels dans la santé.

Une résorption des dérives thérapeutiques qui mettent la santé des Français en danger, voire les emmènent dans des dérives sectaires, est tout à fait possible. A condition que chacun soit ouvert sur un dialogue avec l’autre, pour un travail commun. Au lieu de vouloir s’agripper à ses acquis, quitte à devoir, pour cela, empiéter sur le domaine qui n’est pas le sien.

 

Lire aussi notre article : Thérapie alternative : ne pas tomber dans les pièges de l’alternatif

 

 

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