La page suivante contient de nombreux extraits du livre de Christian Mortier, « Le Reiki, cette magnifique pratique du bonheur » (plus d’informations sur le livre). L’Institut de Reiki la publie avec l’autorisation de l’auteur. Conformément à la législation sur la propriété intellectuelle, toute autre reproduction est interdite.

Qui était Mikao Usui ?

Le fondateur du Reiki s’appelle Mikao Usui (1865 – 1926).

C’était un méditant japonais. Il a médité durant de nombreuses années avant de créer sa pratique, fruit et synthèse de ses recherches de méditant et de thérapeute, en 1922.

Dans ce contexte, il parlait de pratiques méditatives permettant la « guérison de l’esprit« . Non pas la guérison médicale (connotation du terme guérison dans la société française contemporaine), mais la guérison spirituelle. Dans notre société actuelle et contemporaine, la guérison « spirituelle » équivaut à la guérison du mal de vivre ou la cessation du mal de vivre. Il s’agit, plus directement, de l’arrêt de la souffrance de l’esprit (le mal-être vécu sous toutes ses formes) pour l’emmener vers sa non souffrance (connotation du terme guérison dans la tradition méditative contemporaine d’Usui).

Selon la tradition bouddhiste, le bonheur est l’absence de souffrance. Pour être durablement heureux, il faut déraciner la souffrance de son esprit et les mécanismes qui l’engendrent.

Mikao USUI était à la recherche d’une approche universelle et transculturelle qui pourrait se dispenser simplement et être accessible à tous : une démarche globale, atypique, non centrée sur une croyance, sur une psychothérapie, sur une pratique médicale ou paramédicale.
Mais une démarche centrée directement sur une pratique globale de l’être humain, naturelle et définitive.
Après de longues recherches méditatives et de connaissances, Mikao USUI fonda le Reiki en 1922. Il avait consacré toute une vie à mettre au point sa pratique personnelle, et était sur le chemin de sa réalisation pédagogique quand il décéda, seulement quatre ans plus tard, en 1926, sans avoir le temps de répertorier et d’inscrire les résultats de ses recherches sur le Reiki. (extrait du livre de Christian Mortier, le Reiki, cette magnifique pratique du bonheur. De son authenticité aux déviations actuelles).

Notre source : le mémorial de Mikao Usui

Tant de fausses informations ont été répandues concernant la vie de Mikao Usui et son oeuvre avec le Reiki, en particulier dans les Reikis issus de la lignée Takata, de la lignée Hayashi et du Gendai Reiki, et de toutes les autres formes de Reiki qui s’en inspirent, qu’il est nécessaire de se référer à des sources fiables. Les sources les plus sûres sont ses rares écrits sur le Reiki ainsi que le mémorial que ses élèves ont dressé en son nom. Avant d’aller plus avant, voici la traduction littérale du mémorial de Mikao Usui.

« On appelle vertu ce que l’on obtient suite à des efforts et des entraînements. On appelle maîtres ceux qui ont accumulé ces vertus afin d’ouvrir la voie du salut, et la propager en l’étendant au monde. Depuis des siècles, de grands maîtres ont vu le jour dont Usui Senseï qui a trouvé une méthode de guérison du corps et de l’esprit par le Reiki basé sur l’universel. Ceux qui souhaitent obtenir ses enseignements, des quatre coins du monde sont venus ici en son honneur.

Né à Gifu-ken, Yamagata-gun, Taniai-mura le 15 août 1865, son père s’appelait Uzaemon Taneuji et sa mère Kawaï, il a toujours eu le courage de poursuivre ses études malgré la pauvreté qui lui était imposée dès l’enfance. Ayant voyagé en Occident et en Chine, il a forgé sa détermination, sans céder d’un pas aux difficultés de toutes sortes et un jour, il a gravi la montagne Kurama-Yama où il s’est entraîné dans la méditation et le jeûne, dans la persévérance absolue pendant une vingtaine de jours, période au bout de laquelle il a ressenti le courant spirituel universel au-dessus de lui (satori) et a découvert la méthode de guérison de l’esprit du Reiki.

Dès lors, il l’a apportée aux membres de sa famille et l’efficacité s’est révélée évidente, si bien qu’il a souhaité la propager à tous.

En avril 1922, il s’est installé dans le quartier de Harajuku à Tokyo et il a fondé une institution pour donner des séances de Reiki. On a vu de nombreuses personnes attendre à l’extérieur de l’établissement pour recevoir ses séances. En septembre 1923, face aux conséquences du grand tremblement de terre de Tokyo qui a provoqué des milliers de morts et de blessés, pris par un grand chagrin et une profonde compassion, Senseï s’est mis à donner des séances aux victimes.

Du coup, cette bienveillance de thérapeute a rassemblé davantage de fidèles, ce qui a rendu rapidement le dojo exigu et il s’est installé à Nakano en février 1925.

Étant réclamé dans des villes de province, il a parcouru le pays à travers Kure, Hiroshima, Saga et Fukuyama où il est tombé malade et s’est éteint le 9 mars 1926 à l’âge de 62 ans.

Homme de cœur, doux, serein et humble, il se comportait toujours sainement en corps et en esprit, son sourire en témoignait. Vaillant, patient et consciencieux, il avait des talents artistiques et aimait la lecture. Ses recherches sur l’histoire, la médecine, les soutras bouddhiques, la psychologie et même l’art divinatoire et les yi-king ont constitué ses documents de base de l’entraînement qui ont par la suite ouvert la voie du Reiki. Le principe du Reiki ne consiste pas à la guérison d’une maladie mais à rendre l’esprit heureux et le corps sain afin de jouir du bonheur. Sous les directives laissées par l’Empereur Meiji, il a donné cinq préceptes à répéter à haute voix et à graver au niveau du cœur le matin et le soir :

  1. Soyez patient
  2. Ne sombrez pas dans l’inquiétude
  3. Ayez de la gratitude, de la reconnaissance
  4. Entraînez-vous bien à la méditation
  5. Soyez gentil envers les autres.

Ce sont les premières leçons de l’entraînement pour ceux qui cherchent à s’élever spirituellement. Senseï les a accomplies et en a fait le « médicament spirituel » du bonheur pour vaincre toute maladie. Rien de complexe ni hors de portée, il suffit de s’asseoir calmement les mains en Gasshô au moment de la méditation et de la pratique du matin et du soir en nourrissant un cœur de sérénité en vue d’actes sains et corrects qui s’ensuivent. C’est ce que tout le monde peut effectuer.

Dans cette société instable où les pensées et l’idéologie changent constamment, s’il y a des gens heureux qui propagent cette méthode spirituelle, leurs apports vont clairement contribuer aux bienfaits des êtres humains.

Une vingtaine de disciples fidèles qui ont vécu sous le toit du dojo, ainsi que des disciples en province doivent répandre cette méthode. Malgré le décès de Senseï, le Reiki doit être propagé éternellement dans le monde. Ses disciples dévoués, qui l’ont acquis auprès de Senseï, et tentent de le diffuser le plus longtemps possible, souhaitent commémorer pour l’éternité les vertus du grand maître, sous ce mémorial spirituel en pierre au cimetière de Saiho-Ji à Tama-gun.

Pourvu que nos descendants lèvent leur regard pour le lire. »

En synthèse, voici ce que cite le mémorial sur la vie de Mikao Usui et le Reiki :

  1. Le Reiki est une méthode de guérison de l’esprit (le Reiki s’inscrit dans un cadre thérapeutique).
  2. USUI n’a pratiqué le Reiki que pendant quatre ans ; il a commencé en 1922 et a arrêté en 1926 étant décédé.
  3. Le Reiki est lié au bouddhisme et le travail effectué par le praticien est un travail de méditation.
  4. Le Reiki ne guérit pas les maladies, mais rend l’esprit heureux.
  5. Le Reiki permet aux gens de s’élever spirituellement.

Tous ces points sont respectés à l’Institut de Reiki, pour la transmission des connaissances et de la pratique de la méthode du Reiki.

Plus précisément, voici la vie d’Usui, reconstituée dans le respect des éléments obtenus.

La vie de Mikao Usui

Les origines de Mikao Usui

Un des ancêtres d’Usui était Chiba Tsunetane. Samouraï très respecté, il conquit la ville d’Usui en 1551 et comme le veut la tradition japonaise basée sur les codes d’honneur des samouraïs, à la mort de Tsunetane, sa famille prit le nom de la ville conquise : la famille Tsunetane devint donc la famille Usui.

Dans les années 1880, l’empereur Meiji avait commencé à transformer le régime des états féodaux du Japon. La fin de l’ère des samouraïs s’annonçait. Sous l’instauration du nouveau régime, les idées anciennes firent place à des idées nouvelles qui conduisirent le pays à s’ouvrir pour la première fois sur l’Occident. Le père d’Usui, Uzaemon, était un fervent disciple de ce nouveau régime et en suivit les voies progressistes. Il éduqua son fils dans ce contexte. Mikao Usui avait un grand respect pour son père, qui était influent et s’ouvrait au monde occidental, et il avait réellement un profond respect de l’empereur Meiji. Nous retrouvons tous ces liens dans le Reiki d’Usui, qui reprend dans la pratique les cinq préceptes de l’empereur Meiji.

Les recherches de Mikao Usui

Mikao Usui partit très jeune de chez lui et dépensa beaucoup d’argent et de temps pour poursuivre son chemin spirituel. Bouddhiste tendaï, zen et shintoïste de tradition familiale japonaise, il développa un intérêt particulier pour la pratique de guérison spirituelle transmise par le bouddha et un désir compatissant pour apprendre ces méthodes au profit de l’humanité.

Il continua ses études et aurait fréquenté une école de « guérison spirituelle » pour apprendre le REI JYUTSU KA, dont un centre était situé sur la montagne sainte Kurama Yama (ce centre n’existe plus aujourd’hui), près de la ville de Kyoto. Sur ce mont se trouvait aussi un temple bouddhiste antique, le temple Kurama, appartenant à la branche bouddhiste japonaise : le bouddhisme tendaï. Pendant des siècles, Kurama fut considéré comme un lieu de puissance spirituelle et beaucoup de sages célèbres, y compris les empereurs, allaient y méditer. Usui y faisait régulièrement son travail spirituel, incluant des pratiques régulières de méditation sur plusieurs jours et de jeûne (21 jours), comme le font couramment les bouddhistes. C’est lors d’une de ces nombreuses séances de méditation qu’il eut une synthèse de toute l’expérience acquise par des années de méditation (c’est ce qu’on appelle le satori : l’éclaircissement de synthèse) qui lui permit d’élaborer les outils spirituels nécessaires à sa pratique du Reiki. Il s’agit d’une expérience semblable à celle d’un physicien qui travaille sur une formule pendant des années et qui, d’un seul coup, rêve dans son sommeil de la formule qu’il recherchait.

Le temple de Kurama et son environnement sont restés encore aujourd’hui dans leur état naturel, et la montagne elle-même reste le symbole spirituel du temple Kurama.

La ville de Kyoto, près de laquelle Usui vécut avec sa famille est une ville où se trouvent de nombreuses bibliothèques et des monastères qui protègent la plus importante collection de textes antiques japonais. Mikao Usui, en tant que chercheur, a fait énormément de recherches à cet endroit. Pendant de longues années, il a continué à rassembler des textes et à les étudier. Il est évident que dans ses recherches, il a aussi forcément découvert ce texte très ancien, appelé Reikiki, dont la signification est « le texte du Reiki » (le deuxième ki signifie « texte »), et dont l’origine remonte à l’empereur Daigo, ce texte étant gardé au temple Ninna-Ji près de Kyoto, là où séjournait Usui.

En tant que chercheur et bouddhiste pratiquant, ce haut niveau de formation autorisait Mikao Usui à effectuer des recherches poussées dans les textes anciens et sacrés avec une connaissance approfondie des mécanismes énergétiques de guérison spirituelle et lui procurait ce génie de transcendance de synthèse et de simplification directe dont il fera preuve plus tard en développant sa pratique du Reiki.

La naissance du Reiki de Mikao Usui

Son inspiration pour fonder le Reiki

Dès son plus jeune âge, Mikao Usui s’intéressa à la guérison de l’esprit produisant le bien-être et rechercha la création d’une pratique simple, laïque, agnostique et efficace répondant au mal de vivre, que l’on soit croyant ou pas.

Au Japon, la religion d’État était le shintoïsme, renforcée sous le règne de l’empereur Meiji qui voulait éviter que les enseignements bouddhistes ne se mélangent aux idéaux du shintoïsme. En effet, la population s’en détournait de plus en plus depuis l’apparition du bouddhisme dans le pays. Le but de ces deux disciplines restait le même : atteindre la plénitude. Mais alors que le shintoïsme est une religion ancestrale du Japon, antérieure à l’introduction du bouddhisme et se référant au culte des ancêtres et à l’adoration de l’empereur, le bouddhisme se réfère au bouddha et n’est pas une religion basée sur une ou des divinités extérieures et supérieures à l’être humain.

Le texte du Reiki réconciliait parfaitement ces deux voies, bouddhiste et shintoïste, en une seule, tout en restant japonaise. Il répondait en ce sens au dilemme d’Usui, percevable dans sa biographie, qui était de trouver une méthode de synthèse transdisciplinaire fiable et permettant de répondre aux exigences des codes d’honneur familiaux et spirituels du chercheur qu’il était.

La Usui Reiki Ryôhô Gakkai : l’école de Reiki d’Usui et son évolution

Lorsque Mikao Usui fonda le Reiki en 1922, il l’institua au sein d’une société qu’il appela Usui Reiki Ryôhô Gakkai (« société de la méthode de Reiki Usui »). Cette société est garante du respect des techniques d’Usui car les écrits d’Usui sur le Reiki y sont répertoriés.

Cette société était ouverte à ceux qui voulaient étudier le Reiki d’Usui. Elle société existe toujours aujourd’hui, mais n’est plus active (ouverte sur l’extérieur) en ce qui concerne l’enseignement et les séances de Reiki. Depuis Usui, cette société a eu 6 présidents : M. Jusaburo Ushida, Kan’ichi Takétomi, Yoshiharu Watanabé, Hoichi Wanami, Kimiko Koyama, Masayoshi Kondoh.

La société d’Usui comptait suffisamment de membres et voulait rester de petite taille. Les enseignants supérieurs membres de la Usui Reiki Ryôhô Gakkai ont fini par être 5 et ont créé 5 branches de Reiki au Japon qui ne font pas partie de la Usui Reiki Ryôhô Gakkai, car l’enseignement d’origine fut dénaturé, voire changé.

Le décès subit de Mikao Usui et le début des déviations du Reiki

Mikao Usui est décédé subitement en 1926, sans avoir terminé de nomenclaturer sa pratique, ni sans avoir eu le temps de former des enseignants, eux-mêmes méditants et thérapeutes.

Malheureusement, la tradition d’enseignement étant orale à cette époque (et comme dans toutes les traditions méditatives), Mikao Usui n’a laissé aucun enseignement écrit, excepté de très rares écrits sur le Reiki, et la Usui Reiki Ryôhô Gakkai ne possède rien de plus que ces rares écrits. Ainsi, la Usui Reiki Ryôhô Gakkai conservait les véritables positions des mains sur le corps, les symboles et les techniques énergétiques de Mikao Usui. Mais toutes ces techniques énergétiques ne servent à rien si elles ne sont pas accompagnées de la démarche et de la compréhension spirituelle et thérapeutique que Mikao Usui n’a pas consigné par écrit.

Ainsi, la Usui Reiki Ryôhô Gakkai n’a pas été en mesure de stopper les dérives du Reiki au décès de Mikao Usui : elle-même n’avait aucun écrit du fondateur pour prouver que ce qu’elle disait était vrai.

Au décès d’Usui, des personnes se sont emparées de la pratique et l’on complètement détournée pour en faire leur pratique personnelle, avec l’étiquette « Reiki Usui ».

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