La méditation : un effet de mode ? La France la découvre, et ses bienfaits ne cessent d’être vantés – sur internet, dans les livres, dans les médias. Existe depuis plus de 2.500 ans, son sens premier est d’arrêter les mécanismes de l’esprit engendrant la souffrance psychique. Lorsque les mécanismes destructeurs (l’ego) ne sont plus, l’absence de souffrance, encore appelée le bien-être durable parfait, jusqu’ici annihilé, apparaît. Vivre ce bien-être durable et parfait permet de trouver sa dimension intérieure et de donner du sens à sa vie. La méditation est une pratique de reliaison. A cet esprit parfait que chaque être humain possède en lui-même, expérience du bonheur infini, inaltérable et continu, pourtant cherché sans cesse à l’extérieur de soi, dans cette ignorance du fonctionnement de son esprit.

Qu’en est-il alors de la méditation ? Quelles en sont les formes et techniques ? A quoi sert-elle ? Qu’est-ce qu’elle est ? Que n’est-elle pas ? Quels sont les bienfaits de la méditation ? A quel niveau ? Avec qui apprendre à méditer ? Y-a-t-il des contre-indications, voire des dangers, à méditer ?

Cet article en trois parties a pour vocation de répondre à ces questions.

Définition de la méditation

Dans son exceptionnel ouvrage intitulé « Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme » (Editions Seuil, ISBN 2.02.036.234.1), Philippe Cornu définit la méditation comme suit : « Terme générique désignant un ensemble d’exercices de l’esprit et d’états spirituels développés grâce à ces pratiques. »

Philippe Cornu ajoute que « méditer est un processus, un entraînement de l’esprit et non une fin en soi. (…) La méditation bouddhique peut être définie comme une pratique ou un processus spirituel où le pratiquant se tourne vers l’intérieur, faisant appel à différentes techniques d’unification des trois portes (posture, respiration, attention…), visant ainsi à dissiper progressivement les états d’esprit grossiers perturbées par les passions et la discursivité, afin de parcourir les stades de recueillement qui mènent vers l’Eveil ultime ».

Selon le petit lexique Claire Lumière du Bouddhisme tibétain, il s’agit d’un « exercice permettant dans un premier temps de pacifier l’esprit, dans un second temps de découvrir sa véritable nature. La méditation consiste essentiellement à établir une vigilance sans distraction, avec ou sans l’aide d’un support de concentration. L’usage du terme est donc sensiblement différent de celui qui en est fait en français courant où il désigne un processus de réflexion sur un sujet donné. »

La méditation est issue du Bouddhisme

Son origine

La méditation existe depuis plus de 2.500 ans. Elle vient du Bouddha, un être humain qui a, en son temps, atteint l’Eveil, correspondant à l’absence de souffrance, et a laissé des enseignements permettant à chacun de suivre ce chemin vers le bonheur durable et parfait.

Le Bouddha a expliqué que le sens de méditer est d’avoir un outil pour reconnaître la nature de son esprit. La nature de l’esprit est l’esprit parfait, dénué de souffrance, présent en chaque être humain. Cet esprit parfait s’exprime par les qualités d’esprit, qui résonnent. L’ego annihile l’expression de ces qualités d’esprit : ce sont les voiles de l’esprit, expression du mal-être, qui prennent le dessus et viennent recouvrir plus ou moins densément la profondeur, parfaite, de l’esprit. La méditation permet de brûler les voiles de l’esprit pour se relier à sa profondeur.

Le sens de la pratique méditative est un sens spirituel, où « spirituel » signifie « profondeur de l’esprit ». Elle permet de trouver la profondeur de son esprit et de donner un sens à sa vie.

Uun véhicule et des vitesses d’intégration différentes

Dans un article précédent sur l’enseignement bouddhiste, nous avons expliqué en quoi la bonne intégration de connaissances et de pratiques dépend de la culture intérieure et individuelle de chacun. Il ne s’agit pas d’être intelligent ou stupide pour réussir ou ne pas réussir, mais de bénéficier de ce qu’on appelle des « conditions réunies » pour que cette intégration ait lieu. La réussite est alors tributaire d’un ensemble de conditions devant prendre forme : l’existence d’une pratique ayant fait ses preuves, l’existence d’un enseignant sachant transmettre cette pratique conformément à sa forme d’origine, l’existence d’un élève comprenant l’enseignement et sachant l’appliquer sans en déformer l’essence, ni la mise en application par la pratique. On comprend alors combien la pédagogie est essentielle.

Bien que le sens global de la méditation et son but soient d’amener la personne vers sa « nature de bouddha », ce que nous appelons dans le langage laïc amener la personne à vivre son bien-être parfait et durable, le chemin jusqu’au but, emprunté par chacun, sera différent.

Dans les enseignements du Bouddha, il existe des pédagogies variées pour parcourir ce chemin, dans le respect de la personnalité de chacun (avec ses forces et ses faiblesses).

Ces pédagogies sont des véhicules. Trois véhicules sont connus : le petit véhicule (Hinayana), le grand véhicule (Mahayana) et le véhicule de diamant / adamantin (Vajrayana). Chacun révèle une vitesse d’intégration différente. Les résultats générés par les pratiques issues de ces véhicules sont en accord avec la vitesse d’intégration.

Quelques exemples de méditation

La méditation analytique

La méditation analytique est simple et accessible à tous les débutants : elle permet d’observer la relation de cause à effet, en analysant les phénomènes se produisant dans l’esprit, pour ainsi en comprendre le fonctionnement.

Par exemple, un composant de notre esprit, l’élément air, lui confère une capacité de mouvement. L’élément eau lui confère son caractère intarissable. La méditation analytique consiste alors à observer ce qui se produit à l’esprit : d’une part comment les pensées se succèdent les unes aux autres, ou comment notre esprit est constamment en mouvement (dû à l’élément air) ; d’autre part le caractère incessant et intarissable des productions de l’esprit (dû à l’élément eau).

A l’Institut de Reiki, la méditation proposée sur l’impermanence du corps, de son plus jeune âge à son aspect vieillissant puis à sa disparition, dans le stage hors cursus « Accompagnement de fin de vie par le Reiki », est une méditation analytique.

La méditation de concentration

Elle est plus difficile, car elle requiert une vigilance de chaque instant pour ne pas laisser l’esprit nous emmener dans des fantasmes égotiques qui nous écartent du sens profond de la vie.

Le terme « concentration » ne signifie pas « crispation » ou « tension », mais « vigilance ». Dans la méditation de concentration, l’esprit est maintenu fixé sur un support spécifique, appelé point de méditation. Cette démarche de vigilance conduit à la discipline de l’esprit en lui apprenant à acquérir sa stabilité.

Par exemple, on peut relâcher la ceinture abdominale à l’inspiration et la laisser reprendre sa place à l’expiration, tout en restant vigilant sur la respiration qui devient le point de méditation.

On peut également travailler avec des supports spécifiques, comme la symbolique d’amour inconditionnel, de compassion et de sagesse, pour développer les qualités d’esprit correspondantes.

La quasi-totalité des méditations enseignées à l’Institut de Reiki sont des méditations de concentration – ce sont des formes de méditation laïque du Reikibunseki®. Elles portent sur une symbolique – les symboles reiki – ou des métaphores permettant de remettre en route nos qualités d’esprit et/ou notre esprit parfait, afin de dénouer graduellement l’ego, esprit parfait contracturé, pour qu’il s’intègre à l’esprit parfait non contracturé.

Les personnes suivant le stage d’introduction au Reikibunseki® apprennent à effectuer des séances de Reiki pour elles-mêmes et pour leurs proches. La méditation enseignée est une méditation de concentration.

La méditation de calme mental

Ellel est appelée samatha, en sanskrit. Dans la branche tibétaine du Bouddhisme, elle s’appelle chiné.

Son but est de pacifier l’esprit, afin de le rendre de moins en moins sujet aux agitations. L’esprit étant composé d’une partie féminine (repos) et d’une partie masculine (dynamique), son équilibre naît de l’union de ces deux parties. Souvent, une partie prend le dessus au détriment de l’autre. Lorsque la partie masculine prend le dessus, l’esprit est trop dynamique. Une dynamique non maîtrisée crée des agitations que nous subissons : ce sont les pensées discursives (des pensées émergeant à l’esprit, sans lien avec le moment présent ou le contexte dans lequel on se situe) et les émotions conflictuelles, qui sont des tensions bloquantes de l’esprit, annihilant nos qualités d’esprit.

Lorsque la partie féminine prend le dessus, elle génère chez la personne une passivité qui l’empêche de répondre à sa vie par des actions, voire peut la rendre sujette à des dépressions… C’est ce que nous abordons à l’Institut de Reiki tout au long des cursus, mais aussi durant les trois stages de l’U.F. 5 Eléments de psychopathologie adaptés au Reiki, où nous abordons les troubles générés (troubles mentaux) par une prédominance de l’énergie féminine ou de l’énergie masculine de l’esprit humain.

La méditation de calme mental s’appuie aussi sur des supports pour trouver, ou retrouver, la stabilité de l’esprit.

Elle ne permet pas d’atteindre l’Eveil, mais est une étape importante dans le processus méditatif menant au bien-être durable.

Elle est très présente dans toutes les démarches méditatives de l’Institut de Reiki : elle est utilisée avec un support spécifique servant à atteindre un état d’esprit grâce auquel il sera ensuite possible d’aller plus loin dans ce travail méditatif, c’est-à-dire plus profondément, avec des méditations de concentration plus poussées et les supports correspondants pour développer l’esprit parfait.

La méditation Vipassana ou Lhaktong (vision supérieure)

La méditation de Vipassana, dont l’équivalent tibétain est lhaktong, signifie : vision supérieure sur la véritable nature des phénomènes de l’esprit.

Elle prend le relais de la méditation de calme mental (chiné) : on ne peut s’entraîner à la « vision supérieure » que lorsque l’esprit est stabilisé, car elle permet de reconnaître l’essence de l’esprit et d’en avoir l’expérience directe.

Inutile de dire qu’il faut être un grand maître pour enseigner Vipassana ou lhaktong : sans l’expérience de la nature de l’esprit (c’est-à-dire l’Eveil de la conscience), on ne peut qu’aborder la pratique avec des concepts, qui sont la manifestation de l’ego.

A l’Institut de Reiki, des phases de méditation avec cette démarche sont régulièrement intégrées en préparation dans les pratiques effectuées durant les séances de Reiki, où les élèves commencent déjà à expérimenter la difficulté de cette démarche et cherchent ce que peut bien vouloir signifier : « je reste dans l’essence de l’esprit »…

Leur travail régulier méditatif, avec toutes les formes enseignées, leur permet au fur et à mesure d’affiner cette compréhension dans leur vécu.

Les supports de méditation

Ces supports servent à avoir intérieurement un repère fixe appelé point de méditation, ou point d’observation.

Un support n’a rien de magique en soi : c’est une forme concrète pour notre esprit insubstantiel.

En effet, notre esprit étant sans substance, il n’est pas préhensible par nos sens ; il est au-delà des sens. Il n’a pas de poids – on ne peut pas le peser. Il n’a pas de forme : on ne peut pas le voir. Il n’a pas de son : on ne peut pas l’entendre. Il n’a pas de goût, on ne peut pas le goûter. Il n’a pas d’odeur, on ne peut pas le sentir. Nous avons tous fait l’expérience des rêves, où bien que les situations ne soient pas réelles, nous les expérimentons avec nos sens. Mais les sens, comme nous le développons à l’Institut de Reiki dans le cursus de maître praticien en Reiki Traditionnel, font partie des 5 agrégats de notre esprit, et appartiennent aux phénomènes de notre esprit. Notre esprit ne se réduit pas à nos sens ou à notre perception.

Comment donc pourrions-nous arriver à identifier notre esprit humain pour l’aider à rester calme alors qu’il ne reste qu’un concept, sans expérience directe, tant que nous n’avons pas atteint la nature de l’esprit, fruit d’années et d’années de méditation ? Comment travailler sur quelque chose qui n’est pas substantiel ? C’est la vocation du support de méditation. Il est un point concret que nous mettons en place intérieurement pour poser l’esprit dessus et éviter que ce dernier ne parte dans tous les sens.

Ainsi, il a pour avantage de fixer l’esprit pour l’aider à acquérir sa stabilité.

Le but de méditer est un exercice continu, régulier, durant de nombreuses années, pour identifier ce qu’est notre esprit, en en ayant l’expérience directe. C’est ce que les grands maîtres appellent : la nature de l’esprit.

Au fil des années de pratique, la compréhension du support de méditation évolue. Son utilisation également : d’un aspect de forme (plus ou moins grossier) vers un aspect de non forme (de plus en plus subtil), jusqu’à ce que l’esprit insubstantiel se reconnaisse sous sa forme insubstantielle, dans l’expérience directe, et devienne son propre point de méditation, permanent, arrêtant toute dualité intérieure à l’origine de la souffrance naturelle. Ce que l’on appelle l’Eveil de la Conscience.

Les supports de méditation utilisés varient selon les pédagogies : on peut prendre la respiration, ou le souffle.

Il est également possible de prendre une image – intérieure ou extérieure : par exemple l’image d’un bouddha dans le bouddhisme, à condition d’avoir suivi les enseignements correspondants et d’avoir le sens du travail que l’on fait. Ce peut être aussi un symbole, comme ceux que l’on utilise dans le Reiki. Il faudra bien comprendre que le symbole n’a rien de magique : ce n’est pas Harry Potter et sa baguette magique. L’exercice de méditation utilisant les symboles reiki porte ses fruits parce que le méditant a suivi un enseignement venant expliquer le lien entre le symbole et le fonctionnement de l’esprit, ce qui lui permet de comprendre le travail qu’il fait.

Un autre support de méditation : les mantras, qui sont les paroles intérieures récitées continuellement tout le temps de l’exercice méditatif – comme on peut l’entendre dans des temples bouddhistes durant les rituels. Dans le Reiki Traditionnel nous sommes amenés à utiliser également ce style de support de méditation.

Ce peuvent être également les moudras (geste signifiant des mains).

Il est possible d’allier plusieurs supports pour qu’ils n’en fassent qu’un intérieurement. Cela va dépendre du sens du travail.

Les méditations laïques à l’Institut de Reiki

Bref rappel sur la méditation dans le Reiki

La pratique de la méditation est la pierre angulaire du Reiki Traditionnel, pratique établie par Mikao Usui de 1922 à 1926, au Japon. En effet, le Reiki est l’union de la relaxation et de la méditation par le toucher et permet à chacun d’entrer dans sa propre relaxation méditative pour aller chercher en lui ses potentiels naturels solutionnants.

Mikao Usui était un méditant depuis son plus jeune âge et a utilisé ses connaissances et son savoir-faire pour développer la méthode du Reiki.

La démarche est basée sur le fonctionnement de l’esprit de l’être humain : elle n’est pas issue de croyances ou de fantasmes personnels, mais bien d’un constat de ce qui se produit au niveau de l’esprit humain.

Ainsi, la méditation servant de base au Reiki est issue de la connaissance des grands maîtres de méditation, véhiculée durant plus de deux mille ans. Aucun écrit n’ayant été laissé par le fondateur sur la transmission du Reiki, nous ne pouvons que supposer que la pédagogie employée par le fondateur du Reiki était en lien avec la tradition méditative dans laquelle il a été élevé, le bouddhisme zen / tendai, mais certainement aussi en lien avec le bouddhisme shingon, du fait de l’utilisation de fin de mantras shingon dans la symbolique.

Bases de l’enseignement de cette méditation laïque

La pédagogie du fondateur Mikao Usui ayant disparu, le fondateur de l’Institut de Reiki, et du référentiel métier Reikibunseki®, Christian Mortier, a utilisé son parcours dans le bouddhisme tibétain (Bokar Rimpotché et Kalou Rimpotché) pour développer non pas une pédagogie en lien avec la culture bouddhiste ou tibétaine, mais une pédagogie adaptée à notre culture contemporaine et occidentale, bien que les connaissances soient celles issues du bouddhisme tibétain.

En ce sens, la méditation utilisée à l’Institut de Reiki pour les pratiques du Reiki Traditionnel, nomenclaturées selon le référentiel métier Reikibunseki®, prend sa source et s’appuie sur la science bouddhique du fonctionnement de l’esprit, mais est transmise d’une façon entièrement laïque, abordable à la fois pour les bouddhistes et les non bouddhistes.

La méditation utilisée dans les cursus de praticien et de maître praticien de Reiki consiste à rester dans le temps présent, car seul le temps présent permet une transformation intérieure. La transformation intérieure dont il est question est une transformation de notre esprit consistant à transformer le mal-être contenu dans notre esprit en mieux-être, de façon progressive et durable.

Il faut donc retenir que les méditations laïques du Reikibunseki® servent à faire émerger chez chacun, praticiens mais aussi personnes bénéficiant de séances de Reiki Traditionnel, les potentiels naturels solutionnants que chaque être possède déjà en lui-même. La méditation déclenche des émergences – ce que Francisco Varela appelait enaction – et favorise l’adaptation de l’esprit à son environnement – ce que le même Francisco Varela appelait autopoïèse – ou autoproduction de l’esprit. Cette transformation de l’esprit amène pour la personne une conscientisation qui génère une transformation génératrice de sens.

Francisco Varela (1946 – 2001) était un neurobiologiste chilien, directeur de recherches au CNRS. Il a écrit de nombreux ouvrages sur les sciences cognitives et a participé activement, en tant que co-fondateur du Mind and Life Institute, au rapprochement des sciences cognitives avec la science du fonctionnement de l’esprit qu’est le Bouddhisme. Ses travaux ont permis d’expliquer les évolutions observées sur les personnes bénéficiant de séances de Reikibunseki®.

Enseignements de la méditation à l’Institut de Reiki : pourquoi et comment ?

A quoi sert-elle ?

Elle consiste à faire l’expérience du fonctionnement de son esprit : comment se forment ce qu’on appelle les phénomènes dans l’esprit, quelle est la structure de l’esprit, quels en sont les composants qui interagissent, et une fois cette compréhension obtenue, comment je l’utilise pour discipliner mon esprit de façon à ce qu’il arrête de générer sa propre souffrance psychologique.

L’expérience méditative de chacun évolue similairement. En superficie, la méditation permet d’effectuer un travail sur les situations de notre vie quotidienne. C’est le point de départ : l’extérieur. On commence généralement à méditer pour régler ce qui nous pose problème à l’extérieur : les personnes autour de nous, les situations…

Puis, à force de méditer, nous vivons un basculement intérieur. Une fois que la perception que nous avons de la vie est plus profonde, le travail sera orienté sur l’intérieur : la méditation ne sert plus à régler l’extérieur, mais permet d’effectuer un travail sur la profondeur de l’esprit – le potentiel de conscience, pour stopper les mécanismes intérieurs destructeurs, l’ego, générateurs de perceptions erronées (croyances) de la réalité et de la vie.

En fait, la méditation a toujours été un travail sur l’esprit, mais elle est perçue différemment par le pratiquant méditant, selon qu’il débute ou selon qu’il cumule un nombre certain d’heures méditatives.

La méditation permet d’avoir l’expérience de la dualité de l’esprit. Dans sa dualité, l’esprit se vit séparément, à la fois comme celui qui perçoit (c’est le « je » ou le « moi ») et, de façon plus ou moins consciente, il se vit comme objet qui est perçu (c’est « l’autre », « ce qui n’est pas moi », « ce qui ne vient pas de moi »). Ainsi, lorsqu’apparaît quelque chose à l’esprit, ce quelque chose est l’objet. Dans l’ignorance de la nature de l’esprit, cet objet génère une réaction dans l’autre partie ‘sujet’ de l’esprit. Si par exemple je rêve d’une personne morte, un corps mort m’apparaît sur l’écran mental, durant le rêve. La personne morte est l’objet que je perçois. Cet objet génère chez moi qui rêve une réaction – ou réactivité. En tant que sujet, face à l’image de la personne morte, le « je » sujet perçoit de la peur, par exemple. Je ne vois pas que j’ai peur de mon esprit qui a produit cette image, et qui n’est pas extérieur à moi-même. Si au contraire je rêve de quelque chose d’exceptionnel, l’esprit sujet percevant le rêve, vit l’objet comme quelque chose d’exceptionnel, qu’il va aimer : le sujet va aimer l’objet. Je pense que j’aime quelque chose d’extérieur à moi, sans reconnaître que j’aime la propre production de mon esprit. La dualité de l’esprit l’empêche de se voir fonctionner ainsi. La pratique régulière de la méditation permet d’observer tous ces mécanismes intérieurs et de conscientiser le fonctionnement de son esprit. Plus je prends conscience de ce fonctionnement, moins je me laisse duper par mon esprit. Moins je me laisse duper par mon esprit, moins je suis dans la dualité. Moins je suis dans la dualité, moins la séparation de mon esprit avec lui-même est présente. Moins mon esprit est séparé de lui-même, moins il crée et entretient la souffrance. Moins la souffrance est présente, mieux je vis.

C’est donc un véhicule nous menant à cette connaissance pour mieux vivre notre vie, et donner du sens.

Un peu comme si, tant que l’on ne médite pas, nous avançons dans la nuit noire de notre esprit. Dans cette nuit, nous ne distinguons pas les obstacles, les pièges, les dysfonctionnements, et lorsque nous trébuchons et constatons que quelque chose dans notre vie n’a pas fonctionné, ou génère beaucoup de souffrance, nous disons « c’est la faute à ‘pas de chance’ » ou « les gens ne sont décidément pas sympas avec moi » ou « le hasard fait mal les choses » ou encore « ma pauv’ dame, c’est la vie ! ». Et nous subissons ce que nous vivons, sans voir que nous avons mis en place ce quelque chose, et pensant qu’il vient de l’extérieur, nous pensons qu’il n’y a pas d’autre issue.

Dans les temples bouddhistes, souvent il est possible de voir, au pied d’une grande statue de Bouddha, une boule de cristal. Non pas que le Bouddha soit le père de Mme Irma, mais cette boule représente une sphère de cristal, métaphore de notre esprit parfait : la sphère est une forme parfaite et le cristal signifie que l’esprit est entièrement débarrassé de ses miasmes, permettant d’y voir clair intérieurement. De fait, méditer équivaut à allumer la lumière dans notre esprit pour voir tout ce qui s’y passe. L’on a alors l’expérience de notre esprit, dans toute sa splendeur : avec ses richesses intérieures, qui nous emmènent vers notre bien-être, et avec ses blocages intérieurs, qui nous emmènent vers notre mal-être. Ainsi apprend-on à reconnaître toutes les manifestations de notre esprit – les phénomènes jusqu’ici inobservés du fait de l’obscurité / l’ignorance de notre esprit. Un peu comme si l’on pouvait dresser une cartographie de notre esprit.

Cette première étape d’observation et de reconnaissance ne suffit pas. Ce n’est pas parce que je sais que mon esprit fonctionne de cette manière que cela résout mes difficultés ou que j’atteins l’Eveil… Mon esprit fonctionne de cette façon et s’autoproduit. Je pourrais donc passer des heures en bavardage mental, à me dire que ce n’est pas bien d’avoir ce style de pensées ou d’émotions conflictuelles, de me convaincre que la prochaine fois, j’arriverai à les stopper, ou que décidément, la pratique méditative n’est pas intéressante ou qu’elle ne fonctionne pas, à tergiverser sur le bien-fondé du fonctionnement de l’esprit, à avoir peur d’aller au-delà du blocage, à vouloir retourner en arrière… La véritable question à se poser est : que faire de ce fonctionnement, maintenant que je sais qu’il existe ? La réponse est : apprendre à l’utiliser. Comment ? Par l’expérience. A force de chercher à discipliner mon esprit pour qu’il trouve son équilibre, je constaterai que tel chemin emprunté me conduit vers un véritable mieux-être, qui dure, et que tel chemin emprunté ne me conduit pas au résultat escompté. Le véritable chemin est l’expérimentation de tout cela, et l’apprentissage consistant à ne pas entretenir l’ego, partie de mal-être, et à développer l’esprit parfait, partie de bien-être durable.

Ce savoir-faire s’acquiert graduellement, régulièrement et avec patience, au bout d’années de pratique méditative, et certainement pas en une ou deux heures de méditation, comme on veut souvent nous le faire croire avec le marketing consistant à vendre la méditation comme étant un remède rapide (voire magique) à tous les problèmes.

Ce que n’est pas la méditation ; ce qu’elle est

Voici quelques croyances à ne pas suivre, pour aborder sa pratique méditative avec un fondement solide et sain :

  • La méditation n’est pas un travail au niveau intellectuel et théorique. Ce n’est pas parce qu’on accumule les lectures sur le sujet, même les livres du Dalaï Lama, que l’on a tout compris et que l’on sait méditer, voire que l’on est arrivé. La méditation n’est pas une compréhension théorique de notre esprit, mais est son expérience.
  • Pour certains la méditation consiste à analyser les événements et les situations qui ont lieu ou ont eu lieu dans leur vie. L’analyse reste intellectuelle – rester dans l’intellect ne consiste pas à méditer. Pour certains, la méditation consiste à penser ou à se préparer au futur. Rester dans le passé par une analyse des situations passées ou se projeter dans le futur n’est pas méditer. Il s’agit encore de constructions mentales. La méditation se fait dans le temps présent et favorise la transformation de l’esprit, d’instant en instant, en le maintenant dans le temps présent.
  • La méditation ne consiste pas à mettre un CD ou une application sur son téléphone, avec de la musique douce, le chant des oiseaux, le bruit de l’eau. Elle ne consiste pas à dicter quelque chose avec une voix suave et douce. Faire croire que cela suffit à méditer est un leurre de l’ego.
  • La méditation n’a pas de lien avec une volonté d’atteindre rapidement des résultats ou de faire vite. Le 1er précepte du fondateur du Reiki, Mikao Usui, était « soyez patient ». Il savait que c’est un long apprentissage. Penser que l’on est arrivé au bout d’une année de formation et que l’on a tout compris à la méditation est un leurre de l’ego. Même au bout de trois ans de formation… La méditation est le travail de toute une vie. Les résultats sont obtenus par la régularité et l’assiduité.
  • La méditation toute seule ne fait rien et n’existe pas en tant que telle. Comme la musique n’existe pas sans le musicien. C’est la personne qui médite qui fait la méditation.
  • Les résultats obtenus par la méditation ne sont pas dus à l’exercice méditatif en lui-même. Ils sont dus à la personne qui a effectué un travail méditatif de qualité, régulier, et surtout un travail dont elle a compris le sens.
  • La méditation ne consiste pas à partir en vacances avec son esprit, pour se faire du bien le temps que l’on croit méditer, sans renoncer à ses mécanismes égotiques le reste du temps et sans vouloir remettre en cause ses perceptions conflictuelles de la vie. Aborder la méditation avec cette intention est erroné, et aide à renforcer le mécanisme de fuite de l’ego. La méditation est faite pour mieux entrer dans la vie, avec ses difficultés et ses facilités, et pour donner du sens à ce que l’on vit. Ce n’est pas une fuite de la vie, mais permet de développer une adaptation permanente à la vie, quelle qu’elle soit.
  • La méditation n’est pas une pratique pour atteindre un bien-être en se séparant de ce qui ne va pas. L’aborder avec l’intention d’aller mieux et de se séparer du mal-être détourne le sens de transformation de la méditation (du mal-être en bien-être) et ne fait que renforcer l’ego dans son mécanisme de construction et d’impermanence – l’impermanence étant génératrice de souffrance. Pourquoi ? Parce que l’on remet alors en route le mécanisme égotique consistant à vouloir construire son bonheur pour le substituer à ses souffrances. Dès qu’il y a construction, il y a début. S’il y a début, il y a fin. L’impermanence est le propre de l’ego, et non de l’esprit parfait. La méditation consiste à déconstruire tout ce qui a été mis en place par l’ego, y compris la souffrance engendrée par l’ego – la « déconstruction » la plus longue et subtile étant celle de nos concepts (projections mentales). La déconstruction des mécanismes égotiques conduit à l’absence de souffrance. L’absence de souffrance est le bonheur parfait, non construit, qui a toujours été là mais que l’on ne voyait pas car il était annihilé par les constructions de l’ego. Le bonheur construit est impermanent et égotique. Le bonheur durable dont on parle est le vécu émergeant de l’absence de voiles de l’esprit.
  • La méditation n’est pas une pratique pour faire du bien sur le moment, comme beaucoup de pratiques de bien-être. C’est une pratique permettant de transformer durablement et définitivement le mal-être au fur et à mesure. Quand le mal-être n’est plus, apparaît le bien-être durable.
  • Il ne faut pas croire que la méditation consiste à ne pas avoir de pensées. Quand on commence à méditer, la première chose que l’on découvre sur soi est que notre esprit n’est pas dépourvu de pensées. On découvre aussi qu’il n’est pas possible de ne pas avoir de pensées. C’est la 1ère chose que l’on apprend.
  • Les personnes croyant que toutes les pensées doivent cesser durant la méditation ont perdu d’avance leur « combat ». En revanche, il est possible d’apprendre à ne pas être dérangé par ses pensées, quel qu’en soit le contenu.
  • La méditation n’est pas un outil pour supprimer les pensées ou pour les empêcher de venir. L’esprit est traversé de pensées, car étant immatériel il est intarissable. Ce sont des flots de pensées incessants. Ce qui importe est la façon dont on aborde les pensées, et ce qu’on en fait. La méditation est un outil spirituel pour reconnaître le fonctionnement de son esprit, la production des phénomènes comme la naissance des pensées, des émotions, etc., afin de les transformer en sagesse face au monde.
  • La méditation n’est pas le remède miracle qui guérit et arrête beaucoup de maladies, troubles mentaux ou de désordres intérieurs. Parfois elle peut faire plus de mal que de bien : lire notre article dangers de la méditation et contre-indications.

 

E.Ivanez

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