Envoyé Spécial sur France 2 : pour aller plus au fond des choses

envoyé spécial reiki

L’émission Envoyé Spécial de France 2 s’est posé la question du bon plan dans les médecines douces. Nous ne pouvons qu’approuver. Nous souhaitons aussi partager ici notre expérience de 20 ans dans ce domaine. Comment éviter une mauvaise formation, même financée par l’argent public ?

 

Envoyé spécial : une habitude annuelle 🙂

C’est désormais devenu un rendez-vous incontournable chaque année au mois de février. Un rapport officiel, reportage télé, ou encore article de presse paraît. Et crie, haut et fort, les abus de certaines méthodes non conventionnelles.

Souvent, malheureusement, les informations restent partielles. Pourtant, la source de ces abus est aujourd’hui bien connue. Nous la dévoilons en détail ci-dessous.

De plus, le professeur de santé de l’AP/HP à la fin de l’émission d’Envoyé Spécial fut excellent dans son analyse. Il a insisté sur la nécessité d’ouvrir la porte aux méthodes non conventionnelles, car certaines sont très bonnes. Et il a aussi noté que le grand public a besoin d’écoute, et qu’il la trouve dans ces méthodes.

 

Explications d’Envoyé Spécial sur le non conventionnel

Uniformisation des formations

Envoyé Spécial attire sur les mêmes points que notre formatrice dans son livre. A savoir qu’il n’existe pas d’uniformisation des formations dans les méthodes non conventionnelles. En effet, chacun est libre d’estimer un nombre d’heures minimum nécessaire pour former un professionnel. De fait, beaucoup abusent et s’autoproclament formateurs à l’issue d’une journée de formation.

Ainsi, pour la même pratique, nombre de cursus de formation proposent un nombre d’heures variant du simple au double. Qui n’aurait pas envie de choisir la formation la plus courte, pour acheter un métier rapide et pas cher.

Notre école n’a jamais encouragé les formations de reiki poussant à se mettre à son compte vite fait bien fait. Elle les a d’ailleurs toujours vivement déconseillées. Il en va de la santé des personnes que les professionnels reçoivent en cabinet.

Le contrôle inexistant des instances publiques

Par ailleurs, la législation française n’interdit à personne de se mettre à son compte dans un métier dit « de médecine douce ». Même s’il n’a jamais suivi de formation adéquate. Ainsi, les instances publiques ne contrôlent jamais le savoir-faire des praticiens non conventionnels. Ceux-ci peuvent se prévaloir de compétences professionnelles, non validées officiellement. Ensuite, sans vérification du maintien de leurs compétences, ils font beaucoup de dégâts sur le terrain, en toute impunité.

Aussi, dans chaque méthode non conventionnelle, il y a systématiquement 2 tendances : les professionnels correctement formés, et les pseudo-professionnels. Ils sont difficilement dissociables pour le grand public.

C’est la raison pour laquelle la Fédération Française de Reiki Traditionnel, le réseau de nos anciens élèves, existe. Elle assure l’avenir des professionnels formés à l’Institut de Reiki grâce à la certification de personne reikiologue.

 

Envoyé Spécial aurait pu parler du cadre

Nous aurions souhaité voir Envoyé Spécial développer la spécificité de la mentalité française. A savoir que santé humaine = 100% médecine.

De fait, cette réduction n’aide pas le grand public à acquérir repères et discernement. Des exemples ?

Science et médecine

Selon le Ministère de la santé, toute pratique n’apportant pas scientifiquement la preuve de son efficacité, n’est pas une médecine… Cependant, il définit ces mêmes pratiques, sur son site internet, avec un vocabulaire médical, comme ″soins″.

Ensuite, avec de tels amalgames, certains vont finir par associer des termes génériques comme ″cerveau″, ″méditation″, ″stress″, et même ″consultation″ au domaine médical…

Médical et bien-être

Nous aurions tellement souhaité voir Envoyé Spécial mettre en exergue que dans l’administration actuelle, tout ce qui relève de l’humain est obligatoirement médical. Ceci reste en opposition avec le contenu du rapport français, ″La santé mentale, l’affaire de tous : pour une approche cohérente de la qualité de la vie″, publié en 2009.

Notons que depuis le début des années 1980, l’OMS sensibilise sur la distinction volet médical et volet de bien-être. Elle propose ainsi des classifications distinctives pour les méthodes de santé, leur démarche et leur vocation.

Cependant, en France, les instances étatiques n’ont pas, jusqu’ici, prévu de case ″non médical″. Elles répertorient donc, systématiquement, les méthodes non conventionnelles dans la case ″médecine″ (médecine douce, non conventionnelle, parallèle, alternative…). Cela concerne aussi les pratiques dont la vocation n’est pas de soigner ou de guérir. Mais simplement d’aider la personne à trouver un confort physique et mental – en un mot, d’être bien dans sa peau !

Dans une saisine en 2011, restée sans réponse, la FFRT a appelé à la nécessité d’établir cette distinction. En effet, en étant officiellement classifiés dans les ″médecines douces″, certains praticiens de bien-être se prennent pour des médecins !

Institut de Reiki et santé

Dans notre école, nous transmettons une culture générale de la santé. Nos élèves sont ainsi à l’aise avec le cadre médical et non médical. Ils ne risquent donc pas de sortir de leur champ d’application, ayant les bons repères, conformes à ceux de l’OMS.

 

Des labels de formation professionnelle, mais des méthodes non prouvées scientifiquement

Par ailleurs, l’Etat, sur son site du Ministère de la santé, rappelle que le propre des méthodes non conventionnelles est de ne pas avoir de validation scientifique, même si l’Etat leur attribue un label. Or, beaucoup peuvent aujourd’hui arguer d’un tel label : au RNCP, Datadock, Qualiopi, label qualité Pôle Emploi (cadre : France Compétences).

Nous avons fait le test, et interrogé plusieurs personnes à la recherche d’une formation sérieuse. Si un cursus de formation porte un label d’Etat, elles pensent que la méthode a fait ses preuves. Aussi, elles tombent de haut lorsqu’elles apprennent qu’une formation labellisée n’a, en réalité, aucune valeur scientifique.

Au final, ce financement est validé par l’Etat, pour des pratiques que l’Etat ne valide pas dans leur efficacité.

Pour cette raison, notre école a fait évaluer sa méthode en laboratoire clinique, agréé par le Ministère de la Santé. A ce jour, la reikiologie est la seule méthode de bien-être aux effets antistress cliniquement prouvés.

 

Des validations très disparates des mêmes compétences professionnelles

Que dire par ailleurs des formations enregistrées au Répertoire National de la Certification Professionnelle ? Depuis quelques années, le RNCP accepte des méthodes de santé non conventionnelles. L’enregistrement au RNCP donne accès au financement dans le cadre du Compte Personnel de Formation, le CPF.

Le RNCP dit classifier les contenus de formation par niveau de compétence, et par compétences homogènes. Ainsi, certains cursus aboutissent sur des titres professionnels. Or, en examinant les formations en détail, il s’avère que le RNCP a validé aussi bien des cursus de 400 heures que de 1000 heures, pour la même méthode et pour attribuer le même niveau BAC+2.

C’est comme s’il existait des licences d’anglais sur 2 ans et d’autres sur 3 ans, avec la même valeur. N’est-ce pas tirer vers le bas les compétences professionnelles du non conventionnel ?

C’est la raison pour laquelle dès 2016, l’Institut de Reiki a fait le choix de s’orienter sur la qualité et l’objectivité académique de la Fédération Européenne des Ecoles.

 

Des fonds publics détournés grâce au portage salarial envoyé spécial

Il est facile de trouver sur internet des individus formant à des méthodes controversées. Leur CV indique qu’ils se sont installés au bout de quelques jours de formation. Ils ont rejoint des sociétés de portage salarial. Ils proposent, et à titre individuel, des formations professionnelles. Pour cela, ils utilisent le numéro de déclaration d’activité de la société de portage salarial. Mais ces formations reposent, pour beaucoup sur l’ésotérisme et le mysticisme.

Ces sociétés de portage sont enregistrées officiellement sous une activité passe-partout. Est-il utile de rappeler que la Direccte délivre un numéro de déclaration d’activité ? Lequel peut aboutir sur un label spécifique. Lequel label ouvre la porte aux financements, dont ceux de Pôle Emploi.

Il aurait été intéressant d’avoir un reportage allant au fond des choses et expliquer ce point important…

 

Une commission sénatoriale qui s’achève en demi-teinte

En 2013, une commission sénatoriale permet d’aborder les ″Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger. Notre président Christian Mortier a demandé à y être reçu en audition. Il s’agissait de donner de l’information sur le véritable sens de la méthode du reiki et sur ses dérives.

En effet, le reiki est systématiquement retenu pour ses dérives. Surtout, les formes professionnelles, pourtant validées à la fois sur le plan académique, scientifique et de contrôle tierce partie des métiers, ne sont que très rarement citées.

A l’issue de la commission sénatoriale, un reportage télé montra certains sénateurs. Ils revenaient d’une réunion de travail en Belgique. Ils conclurent, finalement, qu’ils auraient dû, au préalable, déterminer le fondement de ces méthodes non conventionnelles, pour les situer réellement.

 

Une réalité vraiment triste

L’absence de distinction de l’Etat du vrai et du faux dans les méthodes non conventionnelles, cette volonté de leur attribuer des étiquettes qu’elles n’ont jamais demandé, et enfin, l’incapacité à empêcher des financements indus, est destructeur pour les formes sérieuses émergentes du bien-être.

A terme, les autorités n’auront d’autre choix que de retirer aux écoles françaises enregistrées dans la formation professionnelle continue, leur labellisation. Et ce, indépendamment de la présence de dérives ou pas. Ce n’est qu’une question de temps.

Il serait temps de comprendre que le rejet systématique et ô combien fallacieux des médecines douces ne fait qu’amplifier le rejet du grand public pour la médecine traditionnelle. Le même public qui a testé efficacement certaines de ces pratiques. Et qui en réponse, se détourne purement et simplement de mises en garde sachant qu’il s’agit de sources partiales. Alors que chacun a besoin des deux, pour garder sa santé, et ainsi, jouir simplement de son passage sur terre.